Lutte contre la malnutrition aiguë dans 47 villages de N’Dali

Selon les chiffres de l’UNICEF, 35% des enfants de 0 à 5 ans souffrent de malnutrition chronique (retard de croissance). En 2018 la prévalence de la malnutrition aiguë au Bénin était en moyenne de 5%, mais cela varie d’une région à l’autre. Dans le département du Borgou, auquel appartiennent les zones Tchaourou et Parakou – N’Dali, ce taux est de 10,8%.

Afin de développer à terme une coopération avec l’UNICEF en tant que partenaire reconnu dans les 2 zones sanitaires, la Fondation a commencé à se concentrer davantage sur la municipalité de N’Dali. Le pourcentage de malnutrition aiguë y était le plus élevé, plus exactement 13,53%, un résultat obtenu durant la grande campagne de dépistage de septembre 2018.

Entre juillet et novembre 2019 un projet impressionnant et multisectoriel de santé et de nutrition a été lancé dans 47 villages de N’Dali.

Un aperçu des objectifs;

  • Dépistage de 80% des enfants de 0 à 5 ans dans les villages d’intervention
  • Traitement de tous les enfants souffrant de malnutrition modérée qui avaient été dépistés
  • Dépistage de 95% des personnes souffrant de malnutrition sévère
  • Sensibilisation de 5 000 femmes enceintes et 2 000 grands-mères

Méthodologie

La Fondation, en tant que partenaire de l’Hôpital St Jean de Dieu, est déjà étroitement impliquée dans les programmes de santé de la zone sanitaire de Parakou-N’Dali. Dans tous ses activités La Fondation maintient aussi des liens étroits avec le médecin coordinateur de Parakou-N‘Dali et son équipe.

Le programme est coordonné par le nutritionniste de la Fondation, qui joue un rôle- clé dans le bon déroulement des activités. 12 Animateurs ont été recrutés qui sont chargés du dépistage à domicile des enfants. Les patients souffrant de malnutrition sévère sont orientés vers les centres de santé ou l’hôpital, dépéndant de la gravité de leur maladie. Un petit centre de nutrition spécialisé a été créé dans chaque village pour suivre la guérison des enfants souffrant de malnutrition modérée et pour empêcher leur état de s’aggraver. Dans ces centres on organise également de simples ateliers de cuisine, où on apprend à ajouter des ingrédients à haute valeur nutritive aux plats locaux. Il s’agit d’ ingrédients qui ne sont pas trop chers et en même temps faciles à trouver, comme de la farine enrichie de soja. Des séances régulières sont aussi organisées dans les centres pour sensibiliser parents et grands-mères à l’importance d’une alimentation équilibrée.

Le dépistage a eu lieu entre le 12 août et le 15 septembre 2019. Dans chaque village on travaillait toute une semaine . La stratégie consistait à aller de porte en porte pour joindre le maximum d’enfants. Au total, 10 900 enfants âgés de 6 à 59 mois ont été dépistés. Dans les 47 villages, on a trouvé 269 enfants (2,26%) souffrant de malnutrition aiguë sévère sans complications (MASsC), 85 enfants (0,71%) souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications (MASaC) et 945 enfants (7, 94%) souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM). En moyenne, 11,91% des enfants souffraient de malnutrition aiguë sous toutes ses formes.

Pour le traitement des enfants, la Fondation a suivi le protocole national béninois concernant la malnutrition aiguë, en coopération avec le CNT, le CNA et le FARN;

  1. Centre nutrition thérapeutique de l’Hôpital de Zone BOKO (CNT):
    59 Enfants souffrant de MASaC y ont été envoyés, mais seulement 8 ont finalement été admis et traités. Les autres enfants n’y sont pas allés pour des raisons diverses telles que (1) le manque de ressources pour se rendre à l’hôpital, malgré la promesse de soins gratuits (2) la distance entre le village et le centre de santé (CNA) (3) la longue période de soins et l’absence de la mère de la maison, (4) l’habitude imprudente de prendre soin des enfants et le refus de prendre la fiche de référence. Il s’agit d’un point d’attention important pour la prochaine phase du programme, afin de fournir aux familles de meilleures informations et de gagner leur confiance.
  2. Centres médicaux dans les villages
    153 Des 269 enfants avec MAScC ont été référés à ces centres. Ils ont reçu un traitement nutritionnel intensif à base de « Plumpy Net » (distribué par l’Unicef) ainsi que des médicaments.
  3. Centre de nutrition spécialisée temporaire (FARN):
    Sur les 945 MAM, 819 enfants ont reçu un traitement intensif pendant 15 jours à base d’une farine spéciale à haute densité énergétique, contenant un mélange de maïs, de soja, de sucre et d’huile (PREMIX). Chaque enfant MAM reçoit 300 g de PREMIX par jour, ce qui correspond à 1300 Kcal. Pendant cette période, 4 sessions sont organisées pour les enfants et leurs mères durant lesquelles des mesures anthropométriques sont effectuées, l’évolution est suivie, des cours d’alimentation et des démonstrations de cuisine sont donnés et le PREMIX est distribué.

Le traitement complet est offert gratuitement et il y a une collaboration étroite avec le service social de la municipalité qui suit les familles.

Les résultats du programme ont révélés quelques problèmes importants auxquels on continuera à travailler dans une prochaine phase afin d’avoir un impact encore plus grand sur les habitudes alimentaires dans les villages.

Le dépistage et le traitement des enfants souffrant de malnutrition aiguë dans la municipalité de N’DALI ont eu un impact important sur cette affection. Au cours des trois prochains mois, on va surtout mettre en place des actions spécifiques pour stimuler le changement de comportement dans les villages.

Ensuite, un dépistage de masse de porte en porte sera organisé au second semestre pour évaluer l’impact de toutes ces actions.

Montant: 41 500 euros
(dont 15 418 euros financés par KBS, Fonds Vandewatering)