Interview avec Morelle Capochichi gynécologue obstétricienne, médecin chef de Saint-Jean de Dieu de Boko

Morelle Capochichi

Pouvez-vous décrire brièvement l’hôpital ?

L’hôpital Saint-Jean de Dieu de Boko est un patrimoine de l’archidiocèse de Parakou. Il a été créé en 1966 comme hôpital confessionnel à but non lucratif. Cet hôpital offre des soins de santé de qualité aux populations de Parakou, N’Dali et aux populations environnantes. L’hôpital a été érigé en l’an 2000 en hôpital de zone par l’Etat béninois. Il dispose de plusieurs services tels que le service des urgences médicales et chirurgicales, les services de médecine interne, de pédiatrie, d’analyse biomédical, d’imagerie médicale et de kinésithérapie, de comptabilité et des finances, des affaires administratives et économiques et de gynécologie obstétrique.

Comment fonctionne la maternité aujourd’hui ? Combien de femmes sont traitées en moyenne par jour/par semaine/mois ?

Materniteit

Depuis l’an 2019, le service de gynécologie obstétrique de l’hôpital Saint-Jean de Dieu de Boko fonctionne avec une équipe de deux médecins gynécologues obstétriciens, trois médecins généralistes, treize sage-femmes diplômées d’Etat, six infirmières et huit aides-soignantes. Le service dispose d’une salle d’accouchement qui comporte trois tables d’accouchement, une salle de dilatation avec deux lits, une salle de soins intensifs avec deux lits. Nous avons également une salle pour recevoir les urgences obstétricales avec une table d’examen et deux grandes salles d’hospitalisation avec dix lits chacune. Nous recevons en hospitalisation en moyenne 14 patientes par jour dont 7 accouchements avec une durée moyenne de séjour de trois jours. On y retrouve en moyenne 35 femmes en hospitalisation par jour pour un total de 22 lits soit un taux d’occupation de 127%.

Quels sont les traitements ou interventions principalement concernés ?

Le service de gynécologie obstétrique de l’hôpital Saint-Jean de Dieu de Boko propose les services suivants :

  • Les consultations prénatales, gynécologiques et postnatales.
  • Les désirs de maternité, les accouchements simples et compliqués, les césariennes
  • La prise en charge des cas gynécologiques, les interventions gynécologiques telles que les hystérectomies, la prise en charge des myomes et des fibromes, des grossesses extra-utérines, kyste ovarien, des infertilités

Quels sont les principaux problèmes et goulots d’étranglement auxquels les docteurs/infirmiers/patients sont confrontés ?

Les difficultés auxquelles nous sommes confrontées sont diverses. Il y a l’exiguïté du service. Le taux d’occupation des lits tourne autour de 136 voire 140 %. On note aussi la non-régularité des femmes enceintes dans le service de gynécologie obstétrique pour le suivi de leurs grossesses. Elles viennent la plupart du temps en urgence ce qui crée un problème d’organisation. La conséquence est qu’il y a un taux élevé d’accouchements prématurés. Nous n’avons pas suffisamment de spécialistes pour la prise en charge correcte des femmes car presqu’un tiers de nos femmes qui viennent en hospitalisation sont des cas référés venant des centres de santé périphériques. L’autre difficulté à laquelle nous sommes confrontés est la mutation régulière du personnel du service, car ils sont des agents permanents de l’Etat. Par conséquent, il nous faut constamment investir dans des formations de mise à niveau.

Comment fonctionnera la nouvelle unité de maternité ? Comment les problèmes d’aujourd’hui seront-ils éliminés ?

La nouvelle unité de maternité doit pouvoir mieux fonctionner que l’ancienne. Notre souhait est que la nouvelle maternité puisse comporter au minimum cinquante lits en hospitalisation pour qu’on ne tombe pas dans les mêmes difficultés d’ici cinq à dix ans. L’idéal serait aussi d’avoir une unité de néonatologie au sein de ce service pour que les enfants ne soient pas obligés d’aller en pédiatrie où nous avons actuellement notre unité de néonatologie. Pour ce nouveau service, il est aussi préférable qu’on ait un bloc opératoire propre à la maternité.

Votre mot de la fin pour boucler cet entretien

Nous disons merci à la Fondation Hubi & Vinciane pour son soutien inconditionnel apporté à l’hôpital de Boko. Nos remerciements vont également à toutes ces bonnes volontés qui aideront à la construction de cette nouvelle unité de maternité.

Chamsou-Dine Baguiri, chargé de communication au Bénin.